THE SHITTERS

L’OMERTA DU WC <br /><br />Depuis la nuit des temps, le WC est considéré comme un espace privatif, très personnel, une chasse gardée dont on ne parle jamais, car comme tout ce qui touche à l’intimité des personnes, il s’agirait d’une forme de transgression d’un tabou. <br /><br />Qui n’a pas remarqué le silence, la fausse indifférence qui règne dans les toilettes publiques. Chacun y observe une retenue honteuse, un empressement suspect. Les gens attendent poliment leur tour au lavabo, des mots, même de remerciement sont rarement échangés. Pourquoi ? <br /><br />Parce que l’être humain, hormis dans sa prime enfance, refuse d’évoquer l’évidence. Il reconnaît manger, deux ou trois fois par jour, parfois plus, il aime parler de cuisine, échanger des recettes, partager un bon vin, mais cela s’arrête là. <br />Tout se passe comme si nous emmagasinions sans jamais rien rejeter, comme si nous brûlions et consommions toutes les matières que nous ingurgitons. <br /><br />Serions-nous parfaits, ne pourrions-nous pas servir de modèle aux machines, aux voitures qui par exemple ne produiraient aucune pollution ? <br /><br />La réalité est tout autre. Une ou deux fois par jour, parfois plus souvent encore nous nous rendons aux toilettes pour commettre de coupables occupations. <br /><br />Et lorsque nous sommes surpris en situation d’assouvissement naturel, nous nous dérobons en sifflotant, en nous raclant la gorge, en entamant un échange de banalités affligeantes destiné à écourter notre calvaire, bref tous les moyens sont bons pour ne pas nous attarder sur la question. <br /><br />Et bien nous, Les Chieurs, nous avons décidé de rompre, une fois pour toutes, cette tacite loi du silence. Il nous a semblé important de contribuer à l’épanouissement de l’homme moderne et de l’aider à vaincre ses dernières inhibitions. Notre série va enfin combler ce trou de quelques minutes qui existait chaque jour dans l’emploi du temps de six milliards d’individus, sans que jamais personne ne l’évoque. <br /><br />Certains pourraient penser qu’on se rend aux toilettes par obligation pour assouvir un besoin naturel, voilà tout, et qu’il n’est pas nécessaire, voire inopportun, de développer un tel sujet. <br />Mais rire représente également un besoin naturel. <br />Les intérêts se rejoignent. <br /><br />Surtout que… ne sommes-nous pas en situation de rire instinctif dès lors que quelqu’un est surpris en flagrant délit de flatulence, que quelqu’un émet des bruits naturels mais mal contrôlés, qu’un clapotement sonore couvre soudain le bruit d’une conversation ? <br />Le rire ne permet-t-il pas d’évacuer un sentiment de honte ? <br /><br />D’autres pourraient penser que cette série est destinée à s’essouffler rapidement, faute de sujets, de prétextes, car il ne se passe pas grand-chose dans un WC en dehors de… <br /><br />Et bien, nous avons décidé de relever le défi. <br /><br />Vous allez découvrir toute une galerie d’attitudes, de comportements, de personnages qui, même s’ils sont parfois caricaturés, évoquent une multitude de conduites qui nous ramènent à nous, nous qui jusque-alors, nous pensions à l’abri <br />des regards indiscrets. <br />