Etats et TerrorismePlaylist created by Lesbrasmentombent | 18 videosSee more playlists »
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Nucléaire - Une "Vie nouvelle" au Japon !!
Le monde à l'envers.Une "vie nouvelle", voici donc ce que nous offre le délire Techno-scientifique et ses experts médiatiques, voilà où nous mène la logique économique de la société spectaculaire : une vie en enfer.On n'arrête pas le brouillard !!
Gladio - Partie 2 Les Marionnettistes - 1sur3
À la fin de la guerre froide, une série d’enquêtes judiciaires menées sur de mystérieux actes de terrorisme commis en Italie contraignit le Premier ministre italien Giulio Andreotti à confirmer l’existence d’une armée secrète en Italie ainsi que dans d’autres pays d’Europe occidentale membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Coordonnée par la section des opérations militaires clandestines de l’OTAN, cette armée secrète avait été mise sur pied par l’Agence centrale de renseignement américaine (CIA) et par les services secrets britanniques (MI6 ou SIS) au lendemain de la seconde guerre mondiale afin de lutter contre le communisme en Europe de l’Ouest. Suite aux révélations du Premier ministre italien, de nombreuses enquêtes à l’initiative de juges, de parlementaires, de chercheurs et de journalistes d’investigation visèrent le réseau clandestin qui portait, en Italie, le nom de code « Gladio » (le glaive), mais qui était également actif dans d’autres pays sous différents noms tels que « Absalon » au Danemark, «ROC» en Norvège et «SDRAS» en Belgique. Dans chaque État, les services secrets entretenaient une armée anticommuniste en étroite collaboration avec la CIA ou le MI6, à l’insu du Parlement et de la population.
Gladio - Partie 2 Les Marionnettistes - 2sur3
À chaque fois, des hauts dirigeants de l’exécutif, comprenant des Premiers ministres, des Présidents, des ministres de l’Intérieur et de la Défense, étaient impliqués dans l’opération tandis que le « Allied Clandestine Committee » (ACC) – parfois baptisé le « Allied Coordination Committee » – et le « Clandestine Planning Committee » (CPC) – plus sobrement appelé le « Coordination and Planning Commitee » –, coordonnaient l’action des réseaux au niveau international, depuis le quartier général de l’OTAN, le Supreme Headquarters Allied Powers Europe ou SHAPE. En prenant connaissance des détails de l’opération, la presse remarqua que cette « histoire semblait tout droit tirée d’un thriller politique ». La CIA et le MI6 fournissaient aux armées secrètes armes automatiques, explosifs, munitions et moyens de communication high-tech qu’ils dissimulaient dans des caches d’armes en forêt, dans la campagne et dans des abris souterrains dispersés à travers toute l’Europe de l’Ouest. Les officiers d’élite de l’organisation clandestine partageaient l’entraînement des Bérets Verts aux États-Unis et des commandos SAS en Angleterre. Recrutés parmi les franges les plus radicalement anticommunistes de la société, les soldats clandestins de Gladio comptaient dans leurs rangs des conservateurs modérés ainsi que des extrémistes de droite comme les célèbres terroristes Stefano Delle Chiaie et Yves Guérain-Sérac. L’armée secrète était pensée sur le modèle du Special Operations Executive (SOE) britannique, dont les combattants avaient été parachutés derrière les lignes ennemies et avaient mené une guerre secrète à l’intérieur des frontières du Reich, pendant la seconde guerre mondiale.
Gladio - Partie 2 Les Marionnettistes - 3sur3
Dans le cas d’une invasion de l’Europe occidentale par l’Armée rouge, les soldats de Gladio devaient former, sous le commandement de l’OTAN, un réseau dit « stay-behind » opérant derrière les lignes ennemies, capable de lever et de renforcer des mouvements de résistance locaux, d’évacuer des pilotes descendus et de saboter les chaînes d’approvisionnement et les sites de production de l’occupant au moyen d’explosifs. Mais l’invasion soviétique n’eut jamais lieu. Aux yeux des stratèges militaires de Washington et de Londres, les partis communistes, qui comptaient à l’époque un grand nombre d’adhérents dans les démocraties d’Europe de l’Ouest, constituaient le véritable danger. C’est pourquoi, en l’absence d’envahisseur soviétique, l’organisation a pris les armes dans de nombreux pays pour mener une guerre secrète contre les forces politiques de gauche. Si l’on en croit les sources secondaires aujourd’hui disponibles, les armées secrètes se sont retrouvées impliquées dans toute une série d’actions terroristes et de violations des droits de l’Homme pour lesquelles elles ont accusé les partis de gauche afin de les discréditer aux yeux des électeurs. Ces opérations, qui visaient à répandre un climat de peur parmi les populations, incluaient des attentats à la bombe dans des trains ou sur des marchés (en Italie), l’usage systématique de la torture sur les opposants au régime (en Turquie), le soutien aux tentatives de coups d’État de l’extrême droite (en Grèce et en Turquie) et le passage à tabac de groupes d’opposants (au Portugal et en Espagne). Quand l’existence des armées secrètes fut révélée, l’OTAN et les gouvernements de Londres et Washington refusèrent de s’expliquer sur ce que la presse qualifia alors de « secret politicomilitaire le mieux gardé et le plus néfaste depuis la seconde guerre mondiale ». LES ARMÉES SECRÈTES DE L’OTAN Tiré du livre de Daniele GANSER paru aux éditions Demi-Lune
Gladio - Partie 3 La Piétaille - 1sur3
Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut, en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L’histoire du terrorisme est écrite par l’État ; elle est donc éducative. Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique. La modernisation de la répression a fini par mettre au point, d’abord dans l’expérience-pilote de l’Italie sous le nom de « repentis », des accusateurs professionnels assermentés ; ce qu’à leur première apparition au XVIIe siècle, lors des troubles de la Fronde, on avait appelé des « témoins à brevet ». Ce progrès spectaculaire de la Justice a peuplé les prisons italiennes de plusieurs milliers de condamnés qui expient une guerre civile qui n’a pas eu lieu, une sorte de vaste insurrection armée qui par hasard n’a jamais vu venir son heure, un putschisme tissé de l’étoffe dont sont faits les rêves.
Gladio - Partie 3 La Piétaille - 2sur3
On peut remarquer que l’interprétation des mystères du terrorisme paraît avoir introduit une symétrie entre des opinions contradictoires ; comme s’il s’agissait de deux écoles philosophiques professant des constructions métaphysiques absolument antagonistes. Certains ne verraient dans le terrorisme rien de plus que quelques évidentes manipulations par des services secrets ; d’autres estimeraient qu’au contraire il ne faut reprocher aux terroristes que leur manque total de sens historique. L’emploi d’un peu de logique historique permettrait de conclure assez vite qu’il n’y a rien de contradictoire à considérer que des gens qui manquent de tout sens historique peuvent également être manipulés ; et même encore plus facilement que d’autres. Il est aussi plus facile d’amener à « se repentir » quelqu’un à qui l’on peut montrer que l’on savait tout, d’avance, de ce qu’il a cru faire librement. C’est un effet inévitable des formes organisationnelles clandestines de type militaire, qu’il suffit d’infiltrer peu de gens en certains points du réseau pour en faire marcher, et tomber, beaucoup. La critique, dans ces questions d’évaluation des luttes armées, doit analyser quelquefois une de ces opérations en particulier, sans se laisser égarer par la ressemblance générale que toutes auraient éventuellement revêtue. On devrait d’ailleurs s’attendre, comme logiquement probable, à ce que les services de protection de l’État pensent à utiliser tous les avantages qu’ils rencontrent sur le terrain du spectacle, lequel justement a été de longue date organisé pour cela ; c’est au contraire la difficulté de s’en aviser qui est étonnante, et ne sonne pas juste. L’intérêt actuel de la justice répressive dans ce domaine consiste bien sûr à généraliser au plus vite. L’important dans cette sorte de marchandise, c’est l’emballage, ou l’étiquette : les barres de codage. Tout ennemi de la démocratie spectaculaire en vaut un autre, comme se valent toutes les démocraties spectaculaires.
Gladio - Partie 3 La Piétaille - 3sur3
La notion du délit politique respectable ne s’est vue reconnaître en Europe qu’à partir du moment où la bourgeoisie avait attaqué avec succès les structures sociales antérieurement établies. La qualité de délit politique ne pouvait se disjoindre des diverses intentions de la critique sociale. C’était vrai pour Blanqui, Varlin, Durruti. On affecte donc maintenant de vouloir garder, comme un luxe peu coûteux, un délit purement politique, que personne sans doute n’aura plus jamais l’occasion de commettre, puisque personne ne s’intéresse plus au sujet ; hormis les professionnels de la politique eux-mêmes, dont les délits ne sont presque jamais poursuivis, et ne s’appellent pas non plus politiques. Tous les délits et les crimes sont effectivement sociaux. Mais de tous les crimes sociaux, aucun ne devra être regardé comme pire que l’impertinente prétention de vouloir encore changer quelque chose dans cette société, qui pense qu’elle n’a été jusqu’ici que trop patiente et trop bonne ; mais qui ne veut plus être blâmée. extrait de : "Commentaires sur la société du spectacle" Guy Debord 1988