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15 ans de Cinergie.be
Teaser des webs-films-vidéos de cinergie. Réalisation de Arnaud Crespeigne et musique de Samuel Goidts.
Les Barons de Nabil Ben Yadir
Pour la sortie en dvd du film "les Barons" Cinergie.be a rencontré le réalisateur Nabil Ben Yadir.Interview Dimitra BourasImage: Jean Michel Vlaeminckx, Arnaud CrespeigneMontage: Arnaud Crespeigne
Cinéastes à tout prix
On aime bien Cinéastes à tout prix, le film de Frédéric Sojcher. On vous l’a dit dès sa sortie en salles. Désormais, le voilà dans les bacs en DVD collector. Le revoir, quatre ans après, est tout à fait jubilatoire. La Belgique est un pays qui vit le surréalisme jour après jour (les derniers avatars régionaux qui stupéfient l’Europe ne nous démentiront pas). La bonne idée de Frédéric Sojcher est d’avoir voulu creuser un monde du cinéma où, dès les années 70, Noël Godin avec Grève et pets avait fait éclater les limites avec un film qui continue à épouvanter une frange de la bourgeoisie bien pensante belge. Trois cinéastes. Un projectionniste (Max Naveaux), un professeur de lycée (Jacques Hardy) et un ouvrier maçon (Jean-Jacques Rousseau) tournent en Belgique des longs métrages sans autres moyens que l’argent de leurs salaires. Ils ne font pas du tout des home movies, comme les amateurs, ils ne travaillent pas avec du 8mm ou du Super 8mm, mais en 16mm. Cinéma surréaliste, stupéfiant, invraisemblable ? Jean-Jacques Rousseau l’explique : « Le cinéma de l’absurde, c’est un cinéma incompréhensible, surréaliste, un cinéma totalement hors norme. Nous vivons une époque de normalisation absolue. Il est bien évident qu’une fois que vous êtes dans l’absurde, on vous prend pour un dingue. » http://www.cinergie.be/endvd.php?action=display&id=298Image/montage: Antoine Lanckmans
les films de Jean Harlez
Jean Harlez, cinéaste méconnu en Belgique est un réalisateur étonnant. Il se passionne pour le cinéma dès l’âge de six ans à l’école communale, lors d’une séance de lanterne magique. Plus tard, dans un pensionnat, il découvre Chaplin, Buster Keaton et Blanche Neige grâce à la très célèbre Pathé Baby. Plus tard c’est la découverte de Flaherty (l’Homme d’Aran et Lousiana Story). Peintre devenu, il travaille chez Charles Dekeukeleire en changeant d’approche artistique. Ce sera le cinéma. Il réalise Les Gens de quartier et Le Chantier des gosses ces deux incroyables films tournés dans les années 1950 (avant l’expo de 58). Depuis que j'en parle à mes amis, ils veulent tous les voir! http://www.cinergie.be/endvd.php?action=display&id=218
Joachim Lafosse commente "Nue propriété"
on a affaire à une mère toute puissante ? Joachim Lafosse : Oui, ça c’est sûr ! Mais pas seulement. Il y a aussi un fils qui défend son père. Le père a été un peu oublié ou symboliquement assassiné. Mon objectif, on verra si c’est réussi, était de sauver quelqu’un de très violent. D’emmener le spectateur avec un personnage qui va, parce qu’il est le fils d’une mère toute puissante, sombrer dans une espèce de possession et de violence destructrice. On peut donc dire que ça tourne autour de la transmission, de la filiation, mais pas autant que pour Folie Privée. En écrivant, je pensais à autre chose : à La Cerisaie de Tchekhov. Ce qui m’a aidé aussi en écrivant le film, c’est La Splendeur des Ambersons de Welles, autour de ce rapport à la propriété, mais la propriété tant au niveau des murs qu'au niveau du questionnement : qu’est-ce que c’est d’être parent ? Avoir des enfants ? Et à travers ceci, quelle est la fonction de chacun ? Quand décide t-on de prendre la responsabilité d’être parent ? Qu’est-ce que c’est être fils ? Jusqu’où peut-on aller quand on est fils ? C. : Est-ce que chacun trouve ses marques ? Joachim Lafosse : Voilà ! Où sont les limites de tout ça ? Le moteur de l’écriture de Nue Propriété consiste à ce qu’à la fin du film, le spectateur s’interroge sur les limites de chacun. Les limites de la responsabilité. Par exemple, ces deux jeunes adultes, des jumeaux, qui vivent encore avec leur mère et qui deviennent violents avec elle : est-ce qu’on doit leur pardonner ? Les comprendre ? Enfin, leur pardonner, je ne crois pas que cela serve à quelque chose, mais c’est tenter d’expliquer pourquoi ils en sont là ? Pourquoi ils ont besoin d’avoir ce rapport de violence avec leurs parents ? Et que tout ça n’est pas un hasard. Je crois que c’est un système. http://www.cinergie.be/article.php?action=display&id=432
Martine Doyen commente Komma
Aux premières images du film, Peter de Wit s'extrait d'un sac plastique mortuaire, revenant d'une crise cardiaque, d'un coma éthylique, d'autre chose peut-être, mais de trop loin pour qu'il veuille lui-même vraiment savoir. Il s'extrait, puis lutte pour quitter les lieux, se bat avec un infirmier qui voudrait, raisonnablement, le retenir. Mais rien ne peut plus être raisonnable chez Peter. Il emprunte la première identité qui lui tombe sous la main, le passeport d'un suédois. Mort vivant, définitivement à côté, décalé, il traîne à la lisière de paysages urbains, un arrière plan flou, houleux, gris. Ou bien il se dissout dans les nuits d'une ville qui pourrait être Bruxelles et qui ressemble à New York. Ange maudit de la modernité, Peter devenu Lars, dérive dans un monde qu'il ne sait plus habiter, où il s'invente des identités, des histoires et des ailleurs : la Suède, le Pérou, la Bavière… Qu'importe. Un lieu où tout ne serait que "luxe, calme et volupté". Cette invitation au voyage, il ne l'a fait pas. Il la devine quand il croise une amie, une sœur agenouillée, perdue, par terre, cuvant à son tour son traumatisme, elle aussi sans mémoire. Alors, il la porte jusqu'au royaume enchanté de l'enfance, la Bavière, un vrai décor de cinéma, un paysage imaginaire. http://www.cinergie.be/critique.php?action=display&id=783
Marc lobet commente meurtres à domicile
Par un petit matin glacial et brumeux, dans les rues sombres du vieux Bruxelles, le cinéaste Marc Lobet, et le père de Thorgal et Largo Winch, Jean van Hamme, cherchent l’hôtel de maître qui servira de décor à l’adaptation cinématographique du roman policier, Hôtel meublé, de Gérard Bertot devenu plus connu sous le nom de Thomas Owen. En passant par la rue de l’Association, construite sur le vieux quartier lépreux de Notre Dame Aux Neiges, ils aperçoivent un petit hôtel de trois étages du début du XXe siècle aux allures gothiques : c’est lui ! Ne reste plus alors qu’à y loger la galerie des personnages curieux qui hanteront les lieux pour tourner le film Meurtres à domicile. Au premier étage, seront installés Aurélia Maudru, inspectrice à la PJ (Annie Duperey), un ornithologue à horaires décalés et un laveur de cadavres sensuellement macabre répondant au doux nom d’Ange. Au deuxième, Madame Vianna chante des comptines enfantines avant d’enfoncer ses épingles dans des poupées Vaudou pendant qu'un acteur shakespearien et cabot (Bernard Giraudeau) se prépare pour son grand Othello et qu'un vieil écrivaillon frustré lit un magazine « spécialisé ». Au troisième et dernier étage, on pourra rencontrer le propriétaire rapace aux allures de vampire (Daniel Emilfork), collectionneur de mappemondes et autres Antiquités effrayantes, et enfin un sculpteur égocentrique en compagnie de son joli modèle en peignoir orange et la plupart du temps... sans. http://www.cinergie.be/endvd.php?action=display&id=229
Tommaso Fiorilli commente "Cages"
Masset-Depasse filme cette fois un couple passionnément épris, si épris que lorsque son amant (Sagamore Stévenin) commence à s'éloigner, Eve (Anne Coesens) décide, pour le reconquérir, de le séquestrer.Lorsque nous arrivons sur le plateau de Cages d’Olivier Masset-Depasse, on est surpris d’être accueillis par un ours empaillé qui n’est autre que le gardien d’une étrange galerie d’autres animaux empaillés, eux aussi, ornant les murs d’un café qui ne s’appelle pas par hasard, le zoo. Dans ce café sombre, où la couleur rouge sang des murs donne aux animaux morts une présence étrange , les propriétaires, Eve (Anne Coesens) et Damien (Sagamore Stévenin) organisent annuellement le concours du meilleur cri d’animaux. Sur la scène du café, Eve, Damien et une série de participants au concours sont filmés par une Arriflex SR3, tenue à l’épaule par Tommaso Fiorilli. L’image étant relayée à un combo permet à Olivier Masset-Depasse de visualiser le plan. Ce qui n’empêche pas le réalisateur, lors des répétitions, de mimer une bagarre avec les acteurs et d’en discuter avec eux : « essaie plus sec, le coup de poing, pour voir » dit-il tranquillement, et d'une voix presque douce. Nous sommes au moment de la remise des prix du concours, et Sagamore Stévenin, tout de noir vêtu, porte un masque de loup. Une énergie brute se dégage de ce comédien qui suit avec une docilité presque étonnante les consignes du réalisateur. Après diverses répétitions, Cathty Mlakar, l’assistante réalisatrice demande : « - Le cadre est bon, on peut la tourner ?» « - On va la tourner » répond le réalisateur. On vérifie le magasin de la caméra et le plan se tourne en plusieurs prises. http://www.cinergie.be/article.php?action=display&id=163
Guy Maezelle commente Bokar Rinpoche
C'est dans une aventure peu banale que nous entraîne Guy Maezelle, celle de la méditation, à une époque où la dictature de la productivité a tendance à négliger les pratiques spirituelles. Le réalisateur de l'Innocence interdite, ayant rencontré Bokar Rimpoché, un lama tibétain, lors d'une retraite de méditation organisée par celui-ci, a décidé de lui consacrer un film. C'est donc à la découverte du bouddhisme tibétain que nous convie ce film monté dans les locaux du CBA, Guy Maezelle en nous dressant le portrait de l'un de ses derniers représentants vivants, héritier d'une connaissance ancestrale qui, avant l'annexion du Tibet par la Chine, représentait un mode de vie incomparable au mode de vie moderne qui est le nôtre. Cinq années de voyages, de repérages dans l'Himalaya indien, au Laddakh (où sont exilés les tibétains refusant l'occupation chinoise). Et soudain, une disponibilité peu courante de Bokar Rimpoché, l'arrivée du Dalaï Lama ainsi que la présence de Sa Sainteté le XVIIème Karmapa accélèrent le tournage du film même si les conditions (température, lumière) sont quelque peu rocambolesques pour une équipe de cinéma tournant en Super 16. http://www.cinergie.be/article.php?action=display&id=63
"la question royale" christian mesnil
Histoire d'un règne controversé Il est des faits historiques que l'Histoire préfère oublier. Mais comment pourrait-on assurément prétendre que l'amnésie puisse être le baume des blessures, tant personnelles que collectives ? Par souci de compréhension d'un événement qui faillit jeter la Belgique dans une guerre civile, Christian Mesnil avait, en 1975, mené une enquête politique, interrogeant les archives de la RTB (peu) et surtout des images des Actualités de Belgavox et de Pathé, destinées aux avant-programmes des salles de cinéma. Il avait aussi interrogé des hommes politiques encore présents 24 ans après pour démêler la Question Royale, impliquant Léopold III, père de Baudouin Ier et d'Albert II, déchu, en 1951, de son pouvoir de régner sur la Belgique. Cet épisode de l'histoire nationale que certains ont préféré effacer des manuels scolaires a pourtant cristallisé l'approfondissement de la déchirure linguistico-communautaire.C'est donc avec grand intérêt que l'on peut (re)découvrir ces 93 minutes d'analyses politiques éclairant, sous l'angle idéologique, le conflit contre la Maison Royale, quand on sait que les défenseurs actuels de la monarchie étaient les plus virulents contestataires de la personne de Léopold III. Les temps changent, les personnes partent, mais l'Histoire s'écrit dans la succession des événements, date après date. http://www.cinergie.be/endvd.php?action=display&id=272
Benoit Mariage commente Cowboy
Si, aux premiers abords, Cowboy paraît s’inscrire dans la lignée des Convoyeurs…, il ne tarde pas à affirmer son identité. Un aspect patchwork, sans doute dû à l’abondance de matériel d’un film qui s’est longtemps cherché. Cependant, alors que le récit avait tendance à se déliter dans les Convoyeurs…, ici la formule fonctionne parfaitement. Le récit en trois actes classique est petit à petit délaissé pour une exploration plus atypique des tourments de son personnage principal, Daniel Piron. Piron, c’est bien sûr Poelvoorde. Journaliste télé frustré d’être réduit à la présentation de Airbag, une capsule sur la sécurité routière dont le tournage est l’occasion de scènes comiques d’anthologie - pour nous spectateurs ! Ancien militant de gauche qui s’encroûte, Piron décide alors de réaliser un documentaire. Son sujet est décalqué sur un fait réel, la prise d’otage en 1980 d’un bus scolaire par Michel Strée. Il veut donc réunir le preneur d’otage, rebaptisé Sacchi (Gilbert Melki), et ses victimes, presque trente ans plus tard. Mais Piron ira de déconvenues en déconvenues. Non seulement Sacchi est devenu un gigolo et son producteur (Bouli Lanners) lui colle un cameraman incapable (François Damiens), mais surtout, il découvre qu’il n’a pas l’étoffe nécessaire à son projet. Tout se délite et Piron est tenté de manipuler les faits pour parvenir à ses fins. http://www.cinergie.be/critique.php?action=display&id=932