Chemins de mer
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La ronde des Petits Soupers
Faire un livre, le plus sérieusement du monde, avec bonheur. Et puis le promener partour, comme le nain d'Amélie Poulain. Pour qu'il trouve son élément naturel : le soleil, les réjouissances, le plaisir des retrouvailles au bord de l'eau, dans les collines, autour d'un nappe ou d'une table. Pour le plaisir donc, "Petits Soupers Sous le Soleil", dans son élément avant sa sortie officielle dans les libraires le 4 mai (déjà sur les sites en ligne)
Voyage au fond du panier
Je me souviens d'"Histoires sans paroles", de ce générique que j'adorais, de la drôlerie naïve de Laurel et Hardy. Je voudrais parler ainsi du bonheur. Sans façon. Avec le plaisir du pique-nique d'enfance, de voyage, amoureux et nostalgique que je raconte dans "Petits Soupers Sous le Soleil", aux éditions "La Belle Ecriture" en vente dès le 4 mai en librairie et que l'on peut déjà acquérir sur les sites de librairie en ligne. The black and white happiness
Le panier à NIno
Je viens vous parler du bonheur. Je viens évoquer en images déconnardes le plaisir du pique-nique avec le regretté Nino Ferrer en fond sonore, des aliments très coopératifs qui ont hâte d'aller au fond du panier pour s'embarquer dans la voiture. Sans oublier le livre qui contient tout cela. C'est à dire "Petits Soupers Sous le Soleil", 40 histoires de pique-nique d'enfance, de voyage, d'amour, avec 80 recettes édité par "La Belle Ecriture". A découvrir dès le 4 mai en librairie et à acquérir dès maintenant en vente en ligne.
Un portrait de Kallisté
Une nostalgie de ce quatorze septembre 2007, d'un départ à dix-neuf heures dans la lumière automnale superbe à Marseille pour embarquer avec mon scooter sur le "Kallisté". Une nuit de traversée pour arriver tôt le matin à Bastia. Au crépuscule, les premières images de voyage quand on longe les îles de la rade Sud de Marseille. Jouer les figures de proue Aimer ce moment en instance, le cocktail au bar, la jolie cabine et puis le parcours en scooter sur la "Balanina" pour aller voir ma mère à Ville-di-Paraso, près de Belgodère. La grimpette dans les cols, la halte sur l'incroyable plage de l'Ostricone, le bonheur de l'errance avec un but. Et puis la douceur, les odeurs, le temps ralenti. Une belle manière de se retrouver.
Le bain du 26 octobre au Frioul
Et voilà, le bonheur est dans l'arrière-saison. Dernier dimanche d'octobre sur l'île du Frioul, en face de Marseille. Plage Saint-Estève. Après quelques hésitations, les baigneurs et les baigneuses aux seins nus encore caramel entrent dans l'eau et là -ô surprise- l'eau est bonne. J'ai pris mes grandes palmes nageoires de poisson, mon masque et mon tuba et là, sous la surface, j'ai retrouvé mes potes les poissons. Des loups, des daurades, des muges, tout un peuple dans les rochers et les herbiers. Et puis il y a eu cette dame venue de Paris et sa petite fille de sept ans qui avait peur d'entrer dans l'eau. Je l'ai guidé, je lui ai dit de s'asseoir pour s'habituer à la température et puis je lui a pris le bras et je l'ai guidé vers le grand spectacle poissonneux en lui montrant les différentes espèces qui nageaient. Je nageais avec mes grandes palmes qui me propulsaient sans effort et je tenais dans la paume de la main la petite à la surface qui se régalait de ses découvertes;
Sensuels oursins
C'est drôle des oursins. Cela évoque immédiatement tout un monde de sensualité et de sexe. Les chairs ouvertes, l'aspect mouillé, le goût, les épines pour les jeux sado-maso, comme une image d'expérience extrême alors que il suffit juste de les découper, le côté révélé après avoir été caché, l'odeur excitante. Sans parler du fait que le met en lui-même, dit-on est aphrodisiaque. Envie de badigeonnage, de repas sur le corps d'une fille, de jeux à la "Neuf semaines et demi". Un rêve d'oursins et de mounine. C'était dans une calanque d'Ensuès-la-Redonne, avec une fille sympathique mais que je n'inspirais pas. Une fille d'internet qui aime parler. Pfff... J'avais amené du vin blanc mais elle ne buvait pas d'alcool. Heureusement, il y avait à côté de nous deux filles tout à fait heureuses qui avaient pêché ces oursins et qui nous en ont donné la moitié après que je leur ai proposé le vin blanc.
Le paseo de Bandol
Comme un écho au paseo d'Ile-Rousse, voici celui de la Roche-Taillée, à Bandol. Voir une belle baigneuse seins nus aller et venir en marchant dans l'eau, le long de la plage fait partie des bonheurs que la vie nous accorde en cet été indien. Il faut le goûter comme un vin rare, de Bandol justement. Et puis se souvenir de la conversation légère qui coulait ce jour-là. Je racontais mon voyage sur le Douro en Espagne et l'origine de mon drôle de chapeau de Marx Brothers. Un "capeu" acheté dans cette belle ville espagnole de Salamanque, un jour de froidure qui contraste avec cette journée de rêve à regarder la passante du sans-souci.
Baros, un bonheur sur pilotis
Une question existentielle se posait : fallait-il être sur pilotis et dans une villa de plage ? Dans le luxueux hôtel Baros, sur un ilôt des Maldives, le choix était cornélien. Se prélasser devant sa chambre sur son bout de sable blanc ou se prendre pour une figure de proue face à l'Océan indien, sur sa belle cabine de bois précieux au-dessus de l'eau. A mon humble avis, l'intérêt était d'entendre la mer bercer ses rêves dans les chambres sur pilotis et de se prélasser comme un magnat sous les voilages de lin de la terrasse. Mais mon bonheur à moi, en parcourant la chambre d'un collègue, Vincent, était de passer de la terre à la mer, de quitter un univers de volupté pour me glisser avec le même bonheur dans la mer avec mes potes poissons.
Ce serait un matin de Maldives
Ce serait comme un jeu d'enfant avec ma nouvelle caméra étanche : se lever dans son immense lit à baldaquin, filmer sa chambre de rêve et puis marcher vers sa plage privée pour atteindre le lagon et découvrir les premiers fonds des Maldives, dans le lagon autour de l'île-hôtel Baros. Car pour l'instant, je ne marche pas sur l'eau. D'ailleurs, je préfère m'enfoncer dessous pour découvrir un autre monde à cinquante centimètres de la surface. Laisser venir à moi les petits poissons dans cet antre de luxe !
Un regard amoureux
C'est quoi un regard amoureux ? Celui de François Truffaut sur les femmes, sur Fanny Ardant par exemple. Celui de Willy Ronis qui photographie sa femme nue de dos devant une vasque en Provence, et qui refait un cliché d'elle des années après, depuis une fenêtre d'une maison de santé. Elle est assise sous les arbres, dans le parc, souffrant de la maladie d'Alzheimer. Cela, c'est un regard amoureux. Alors, pour quelques secondes, mon objectif a été respectueusement amoureux de cette jolie naïade petit format, une sorte d'Audrey Tautou à Malmousque, une Audrey Hepburn en escale, entrant précautionneusement dans la Méditerranée, face à l'île Gaby. Un tanagra délicat, à peine couvert. Une caméra, c'est comme l'oeil d'un homme qui glisse sur les pleins et les déliés d'une femme qui racontent son histoire et nous parlent. Seins de tourterelle, dos solide et tendre, taille bien prise. Brisons-là, laissons notre regard amoureux se perdre, presque sans objet.
Mon premier bain de l'année
Du sable dans mes chaussures en rentrant. La saison des bains de mer a débuté à Marseille. Ce premier dimanche d'avril, l'eau n'était pas glaciale dans le petite crique de "l'Abri Cotié", à la Madrague de Montredon. Le bonheur de quelques brasses dans la Méditerranée claire et agitée. Le corps qui redécouvre la nage en mer, les fonds plein de poisson. Tout à mon plaisir, je n'ai pas senti à temps ma bague d'archevêque glisser de mon majeur. J'avais acheté ce bijou paré d'une pierre de larimar en République Dominicaine. Je me dis qu'elle est tombée pas trop loin du rivage et que je la retrouverai en faisant de l'apnée lors d'une prochaine baignade. J'adore cette plage où les filles se dénudent en allant se "tanquer" sur des avancées de béton ou de rochers, un peu en retrait des regards. Les soutiens-gorges tombent, découvrant des seins encore un peu pâles et alanguis. Les percings de nombril retrouvent la lumière et l'on retrouver les jolis tatouages de reins. C'est les jeux de peau de l'Abri Cotié. Alors, le garçon doit rentrer le ventre quand il sort de l'eau.
Catalina, un exotisme en noir et blanc
C'est comment l'exotisme en noir et blanc ? Austère, nu, dépouillé. Le souvenir du bleu éclatant du ciel et de la mer à Catalina, une île en République Dominicaine, au large de Bayahibe. Le bonheur de s'y baigner sur un air de salsa ou de bachata et de s'allonger sur le sable blanc en matant d'un oeil léger les filles presques nues, le léger décalage du monokini sur le fesse qui laisse apparaitre un peu de peau blanche préservée du bronzage. Repenser au tatouage "patte de chien" d'une fille délicieuse dans son deux-pièces. Et puis effacer les couleurs, les sensations pour ne garder que ces images brutes noir et blanc. Comme un bonheur qui s'efface ou reste figé. Black and white, deux mondes qui se regardent, qui se différencient. Passer encore de l'autre côté du miroir.
Les Saintes-Maries entre gris clair et gris foncé
C'était un dimanche où la Camargue ressemblait à la lande bretonne. C'était un dimanche entre gris clair et gris foncé sur le sable des Saintes-Maries. C'était un dimanche où le pique-nique n'était pas de mise même à l'abri des bois flottés. C'était un dimanche où Nath et Lulu luttaient contre le vent et rêvaient de soleil. C'était un dimanche pour murmurer à l'oreille des chevaux camarguais qu'on reviendrait quand la mer serait moins furieuse et la plage hospitalière.
Vous marcherez sur l'eau
C'était un jour gris où l'horizon mêlait terre et eau. Alors que les pélerins français qui accompagnaient Mgr André Vingt-Trois se restauraient, je suis allé marcher sur la jetée de bois qui va vers le lac de Tibériade. Devant cette image de jour indécis, de lumière incroyable où tout se mêle, je me suis dit que je pourrais continuer tout droit et prolonger le miracle de Jésus marchant sur l'eau. Bon d'accord, la fréquentation des pélerinages tape un peu sur le teston mais c'était beau
Ma première aube dominicaine
Retrouver cette sensation pure, ma première aube dominicaine. Marcher pieds nus sur la plage déserte après avoir traversé l'hôtel Oasis Canoa endormi, à six heures du matin, redécouvrir l'étendue de sable blanc avec les transats bleus solitaires, croiser un employé de sécurité souriant, lancer un "Ola" hésitant et aller doucement à l'eau pour découvrir la chaleur de la mer Caraïbe. Tendre et sexy, comme un souvenir entre parenthèses.
La venelle du grand travers
Comme des points de suspension à une autre aube, en République Dominicaine, le lever du jour, ce dimanche 19 août, sur la plage du "Grand Travers" entre Carnon et la Grande-Motte. La veille, j'avais cherché en vain une chambre d'hôtel et je me suis résolu à dormir dans ma voiture de location, une Epsilon pas très grande. J'ai tourné dans des lotissements et des culs-de-sac avant de me garer, avec d'autres voitures et des camping-cars décorés de pots de fleurs au pied des dunes du "Grand Travers". Au matin, engourdi, j'ai adoré marcher à pas de loups dans cette venelle entre deux rangées de piquets censés protéger la végétation et fixer la dune. Une brève marche pour découvrir la plage, son vide avant la ruée et les restos de plage encore silencieux. Et d'étonnants mâts surmontés de têtes d'animaux. Une ambiance "37,2° le matin".
Sur le chemin de Podestat, calanque blues
Un voyage dans les calanques de Callelongue à Podestat en passant par la plage de Marseilleveyre et ses touristes de novembre alanguis. Un périple sur les sentiers où les pins recourbés par le vent forment de superbes tunnels ombragés où l'on a la sensation tout à la fois d'être protégé et d'une étonnante douceur. Soleil bloqué, branches caressantes. Les passages où la mer vous éclate à la gueule, les moments où l'on progresse à flanc de falaise, avec le plaisir de se saluer entre randonneurs. La récompense lorsqu'on parvient sur le balcon de pierre au-dessus de la calanque de Podestat, où les marcheurs exténués plongent nus dans la mer à l'incroyable vert. Voyage entre Marseille et Cassis, calanque blues.
Pour le plaisir, marcher sur l'Ostriconni
Continuer la promenade sans fin sur la plage de sable blanc de l'Ostriconni, marcher vers la porte du désert des Agriates, se souvenir de vacances avec des amis, saluer une vache au passage, se "rappeler", avec un sourire d'un copain très digne aujourd'hui directeur d'un journal qui avait pour la première fois jeté son slip aux orties et fait sa première expérience de nudisme dans ce lieu unique, se souvenir de la venelle du Grand Travers, de l'aube dominicaine et de toutes mes marches vers la mer unique et renouvellée.
Callelongue randonnée
C'était un premier janvier au bout de Marseille, dans la lumière du sentier qui va à la calanque de Marseilleveyre, depuis Callelongue et le bar de la Grotte
L'eau vive des Prophètes
J'adore ces images de bouts de lumière qui redessinent le sol en passant par des murs à claire-voie, des "moucharabiers", des volets de bois, des stores. Et j'aime encore plus marcher pieds nus avec les pieds plein de sable en rentrant de la plage. D'où le plaisir extrême de quitter la plage des Prophètes à Marseille en empruntant ce passage et son pailletis de lumière pour grimper ensuite jusqu'à la Corniche. En reprenant ma série un peu négligée de "chansons de rue" avec un petit air de Guy Béart.