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La stigmatisée - Raphaël Zacharie de IZARRA
Ses convulsions pieuses pétrifiaient l’assistance étouffée de respect, de plus en plus nombreuse au fil des mois.Des croix de sang apparaissaient sur son front, ses mains, ses pieds.Les hosties posées par le prêtre tremblant sur ses blessures miraculeuses semblaient soulager sa sainte douleur.Ces scènes se répétaient tous les vendredis dans l’église bondée de curieux et de fervents chrétiens. Des femmes surtout, la plupart en larmes.L’élue christique mourut fort bêtement d’une banale chute de sa modeste hauteur (1 mètre 50) en marchant sur ses lacets défaits et eut droit à un enterrement de papesse.Après ses funérailles on découvrit chez elle des produits chimiques cachés au fond d’un placard, pas n’importe lesquels : entre autres, de la soude caustique, bien connue des illusionnistes pour faire apparaître des marques à retardement sur la peau, du chlorure de fer, du cyanure de potassium, matières réactives incolores, indétectables, ayant relativement les mêmes effets : faire naître des traces rouges, créer spontanément des plaies sur le corps selon les formes voulues, prédéfinies en coulisse... Toutes ces substances agissant sur la peau de manière parfaitement naturelle et rationnelle à la manière d’une encre sympathique, mais avec des lettres sanglantes.Celle que l’on pensait vierge et chaste dévoila encore posthumément une collection d’amants, en réalité des prostitués chèrement payés avec l’argent des dons obtenus en exhibant au prix fort ses cicatrices “surnaturelles”.Les âmes bernées par les spectacles grotesques de la défunte “stigmatisée”, des femmes essentiellement, encore et toujours des femmes, crurent enfin beaucoup plus à la puissance des réactions chimiques alliée à la corruption de certains esprits femelles qu’aux prétendues manifestations extraordinaires à caractère religieux...Et surtout, à la faiblesse de l’esprit féminin, c’est à dire le leur, décidément bien sot et infiniment crédule.
En attendant l'ouverture du bar - Raphaël Zacharie de IZARRA
Une fois par semaine elle se tordait de douleur au pied de la croix dans des cris hystériques tout en baisant passionnément son chapelet. Ses convulsions pieuses pétrifiaient l’assistance étouffée de respect, de plus en plus nombreuse au fil des mois.Des croix de sang apparaissaient sur son front, ses mains, ses pieds.Les hosties posées par le prêtre tremblant sur ses blessures miraculeuses semblaient soulager sa sainte douleur.Ces scènes se répétaient tous les vendredis dans l’église bondée de curieux et de fervents chrétiens. Des femmes surtout, la plupart en larmes.L’élue christique mourut fort bêtement d’une banale chute de sa modeste hauteur (1 mètre 50) en marchant sur ses lacets défaits et eut droit à un enterrement de papesse.Après ses funérailles on découvrit chez elle des produits chimiques cachés au fond d’un placard, pas n’importe lesquels : entre autres, de la soude caustique, bien connue des illusionnistes pour faire apparaître des marques à retardement sur la peau, du chlorure de fer, du cyanure de potassium, matières réactives incolores, indétectables, ayant relativement les mêmes effets : faire naître des traces rouges, créer spontanément des plaies sur le corps selon les formes voulues, prédéfinies en coulisse... Toutes ces substances agissant sur la peau de manière parfaitement naturelle et rationnelle à la manière d’une encre sympathique, mais avec des lettres sanglantes.Celle que l’on pensait vierge et chaste dévoila encore posthumément une collection d’amants, en réalité des prostitués chèrement payés avec l’argent des dons obtenus en exhibant au prix fort ses cicatrices “surnaturelles”.Les âmes bernées par les spectacles grotesques de la défunte “stigmatisée”, des femmes essentiellement, encore et toujours des femmes, crurent enfin beaucoup plus à la puissance des réactions chimiques alliée à la corruption de certains esprits femelles qu’aux prétendues manifestations extraordinaires à caractère religieux...
Sainte bière - Raphaël Zacharie de IZARRA
Dans les bars j'aime de temps en temps aller faire pénitence, abstinence, et aussi renouveler mes voeux de chasteté.La bière blonde est mon onction favorite.Le breuvage doré me fait pousser des ailes blanches. Quand je bois et que je suis noir, j'ai des anges qui me pissent dans la tête. Dès que je me noie le gosier dans l'urée d'étoiles, je deviens capitaine du zinc. Alors je mets la barre à l'envers et voue le bar à l'enfer. Enfin je veux dire je fous le bar à l'envers et mets la barre aux fers, ou plutôt je mets le feu au verre et vouvoie tout le bar... Enfin je ne sais plus, mais ce qui est sûr c'est que je trinque aux bienheureux terriens qui ont atterris avec moi sur la planète BIERE.Dans ce monde parfait plein d'écume exhalant le houblon, on balbutie en choeur, on prend le serveur à parti pour des histoires de mirages, on chante faux mais avec sincérité, on radote le plus sérieusement du monde sur la politique, les femmes, les hirondelles et les bulldozers.Sainte bière, reine des flots sous pression, coulez pour nous qui n'avons que les dimanches pour vous rendre grâces, ayez pitié des assoiffés qui bavent d'envie en nous lorgnant aux terrasses des bars sans oser jamais en franchir le seuil. Mais soyez impitoyable envers les pauvres gens hydrophiles qui passent, indifférents à nos nuages sacrés ! Refusez-leur vos bienfaits. Votre or liquide les rendrait mauvais. Qu'ils meurent sans jamais recevoir une once de votre feu exquis dans la gorge ! Leur bière à eux, celle de leur dernière heure, elle sera faite de quatre planches. Notre salut à nous est au fond des chopes, nous le savons. Eux l'ignorent. Qui viendra faire tinter les verres devant leur tombe triste où l'eau ruissellera sans bulle, sans mousse, sans nulle amertume ?
Lecture d'annuaire sur la plage de Sillé-le-Guillaume - Raphaël Zacharie de IZARRA
L'éloquence la plus aimable est souvent au service des idées les plus subversives, et celui qui ralliera à sa cause son auditoire essentiellement grâce à sa plume aura plus de disciples que le sec orateur car il séduira d'abord le coeur de ses semblables avant de séduire leur esprit.Le véritable talent littéraire consiste à se taire en certaines circonstances. Alimenter les élans masturbatoires d'amateurs dotés d'un banal imaginaire, animés d'une scolaire ardeur serait un jeu cruel et je serais bien méchant de succomber à cette bassesse. Aussi je vais mettre ma science au service des profanes de toutes espèces et tenter d'élever le débat à la hauteur de mes rêves, de ma personnelle sensibilité. Ce qui devrait naturellement faire autorité chez les gens de goût. Interrogez-vous sur la situation de l'écrit aujourd'hui... Combien d'anonymes rêvent de devenir des auteurs reconnus ?De nos jours les écrivains pullulent, prolifèrent, font des petits partout, et c'est l'abondance, l'invasion, le raz-de-marée. Et bien sûr, tout cela au détriment de la qualité. Aujourd'hui n'importe quel quidam écrit. Le peuple même se targue de taquiner la muse. L'écriture s'est démocratisée, désacralisée.Il n'est plus prestigieux aujourd'hui d'écrire, puisque tout le monde le fait, plus ou moins bien, mais plus souvent mal, voire très mal. L'écriture n'est plus l'apanage d'une certaine élite. Les chanteurs populaires, les acteurs de cinéma écrivent. L'homme de la rue écrit. Certains "passent à Pivot". Il y a un siècle l'instituteur, le curé, l'étudiant étaient respectés parce que détenteurs d'un certain savoir qui paraissait sinon cabalistique, en tout cas prestigieux pour le commun non initié. A présent tout le monde a le BAC. Il ne vaut plus rien sur le plan psychologique.
Blog de rencontres - Raphaël Zacharie de IZARRA
http://amether.blogspot.com/Rencontres de haute volée et amitiés sainesPour faire humblement concurrence à l'inévitable -mais très commercial- MEETIC, nous proposons un espace de rencontres entre gens adultes et responsables."Gens adultes et responsables", donc par définition capables de discernement et sachant prendre en main leur destin.Les pornocrates invétérés, les personnalités déviantes, les esprits malfaisants et autres âmes malsaines en quête de vils profits et diverses bassesses (aux antipodes de l'esprit de ce blog de rencontres) se discréditeront et s'élimineront par conséquent d'eux-mêmes en venant déposer ici leurs annonces nuisibles.Ici nous n'infantilisons pas les gens. La liberté y est totale. Vous userez de cette liberté selon votre degré de maturité en assumant les conséquences de vos éventuelles inconduites. Nous misons sur le sens des responsabilités, l'intelligence et la courtoisie de chacun pour que cet espace choisi demeure sain, digne, constructif.Le but est de se faire rencontrer les hommes et les femmes -pour l'amour ou pour l'amitié-, de briser l'isolement de certaines personnes, de créer ou d'agrandir des cercles conviviaux, intellectuels, voire mondains, et cela dans un esprit de total désintéressement.Bien que ce lieu ait la prétention d'être élitiste, il est ouvert à toute personne majeure sans aucune restriction. Aussi, à chacun de faire l'effort nécessaire pour entretenir la tenue et la réputation de ce blog de rencontres. Seule exigence : être à la hauteur de ses propres desseins. En d'autres termes, que celui qui souhaite faire des rencontres de qualité s'en donne les moyens !Alors n'hésitez pas, hommes, femmes, beaux esprits, âmes chastes ou casanovas d'envergure, vous qui avez les moyens de vos prétentions passez directement votre annonce en ces lieux et faites vivre ce blog de rencontres totalement libre, gratuit et nécessairement propre puisque auto-géré par les participants eux-mêmes.Bonne chance à tous !
Je vais mourir, sauvez ma particule ! Raphaël Zacharie de IZARRA.
Je vais mourir demain et je veux partir légèrement vêtu. L’âme aussi aérienne que la plume.Je laisse aux méchants mon argent puisqu’il n’y a que cela qui les intéresse. Qu’ils héritent de mes dettes aussi. Aux Duponts je lègue mes sentiments les plus mitigés en écho ironique à leur nature afin qu’écoeurés par leurs propres tiédeur et mollesse ils finissent par aspirer aux hauteurs que confère aux gens biens nés (comme moi) la particule. Aux gentils je dis “occupez-vous de mes funérailles et jouez-moi de la trompette en guise d’adieu” !J’ai chéri la beauté, lustré les chaussures de mes ennemis, craché sur la tombe de mes amis, dépensé mes sous au casino, failli tomber des nues avant d’être dans le trou.Mais j’ai tenu.Je vais mourir demain, alors occupez-vous de vos affaires après vous être généreusement penchés sur les miennes. Vous allez m’enterrer mais je vous en supplie, ne laissez pas s’envoler mon cher ego ! C’est par lui que j’ai vécu, en lui que j’ai cru, alors sauvez-le des os !Izarra brilla tel un diamant.Ce trésor, c’est ma particule. Une partie de moi-même. Mon habit de scène. L’ombre de mon nombril.La forme la plus flatteuse de mon MOI.Chérissez-la plus que vos propres enfants, pères et mères. Battez-vous pour défendre sa mémoire.Et finalement soyez dignes de la porter pour moi, vous les détestables Duponts, vous les gueux, vous les mal-nés, vous les médiocres... Sauvez ma particule de génération en génération. Ainsi vous brillerez un peu vous aussi, me rendrez grâces et ferez perdurer mon souvenir sur vos fronts pour l’éternité.
Humanisme destructeur - Raphaël Zacharie de IZARRA
J’étais heureux dans ma décharge d’ordures, pataugeant joyeusement dans ces montagnes de déchets multiformes et multicolores qui, à mes yeux d’enfant émerveillé, brillaient comme autant de trésors. L’ivresse de la découverte enchantait ma jeune âme en liberté. Ces détritus à l’infini représentaient pour moi des promesses de fête au quotidien, des fleurs industrielles semées dans mon bac à sable vaste comme le monde.J’étais libre, j’étais innocent, je voyais les choses sans malice. Mes mains étaient sales mais mon coeur était beau, j’avais les cheveux noirs et l’âme blanche, je trouvais des perles brisées et pourtant mes rêves restaient purs.Et puis elles sont arrivées.De gentilles bonnes soeurs se croyant investies d’une mission divine. Elles ont chaussé mes pieds nus de bohémien, échangé mes haillons en folie contre un uniforme austère puis m’ont emmené dans leur prison. Le petit moineau que j’étais s’est retrouvé dans la cage des enfants de riches. On m’a appris à lire et écrire, à penser droit, à me vêtir de soie et à dire bonjour.Aujourd’hui je suis instruit, fortuné, bien habillé, éduqué, respecté, envié, rangé.Suis-je heureux pour autant ?Je me souviens avec nostalgie de mes bains d’ordures à l’âge béni de l’insouciance... J’avais quatre, six, huit ans, peu importe, depuis ma naissance je riais, je volais, me réjouissais de chaque trouvaille que je partageais avec mes amis les rats, respirant avec une jouissance toute enfantine l’air étrange et exotique émanant de ma décharge.En m‘extirpant de force de ma fange natale les bonnes âmes ont fait de moi, ex-petit manouche heureux de vivre, un pauvre type qui s’ennuie à mourir dans son existence confortable, fade, propre, grise, anonyme.
Repas public - Raphaël Zacharie de IZARRA
J'ai un grand sens de la solidarité Universelle.Je souffre terriblement lorsque je vois souffrir un homme ou les bêtes.Nous sommes tous unis.Quand un pauvre meurt de froid en bas de chez moi par exemple, je l'éjecte manu militari. S'il est plus fort que moi, je préviens les flics pour le faire dégager.En effet, je ne supporte pas que les pauvres communiquent leur misère à l'humanité.En revanche, j'aime les riches, les bien-portants, les bons vivants, les gens intelligents et cultivés, les rieurs parce que leur bonheur se partage avec les autres.Notre devoir est d'enrichir les riches toujours plus, et de punir les miséreux sous toutes leurs formes.Remarquez que la Nature fait son travail d'une façon admirable : elle fait souffrir les pauvres et les malades pour les encourager à devenir riches et bien portants.Et s'ils ne comprennent pas, alors elle les tue sans pitié.Le sens de la solidarité est de partager avec autrui tout ce qui est beau, bon et bien dans le monde.Humainement parlant, notre devoir est d'extirper la vermine, à commencer par ceux qui cultivent la misère pour faire vivre leur idéologie.L'idéologue est l'esclave de son idéologie, prêt à se sacrifier pour elle.La Nature a inventé la souffrance pour sanctionner ceux qui ne vont pas dans le sens de son épanouissement. C'est pour cette raison que les pauvres et les malades souffrent, que les vieillards gâteux et inutiles finissent par mourir, que les pollueurs crèvent sous leur déchets, etc.En défendant la misère, on ne fait que la cultiver.Pourquoi opposer riches et pauvres, comme si les premiers étaient la cause des seconds ?Les belles femmes sont-elles responsables des laides ?Les bien portants sont-ils responsables des gens malades ?Les génies sont-ils responsables de l'imbécilité des sots ?Doit-on rabaisser les riches ou élever les pauvres ?Doit-on rendre malade un individu en bonne santé ou guérir les malades ?
Le Vieux-Mans, cité des esprits - Raphaël Zacharie de IZARRA
La Cité Plantagenêt est une petite olympe au coeur de la ville mancelle. Une enclave tout en hauteur, un sommet de pierres et d’Histoire.La Lutèce sarthoise en somme.Le Vieux-Mans, c’est un refuge intemporel au souffle médiéval reposant sur des bases antiques. Ses pieds sont gallo-romains, son esprit est moyenâgeux, son âme pleine de Renaissance.Du haut du tunnel le traversant, percée glaciale et sinistre du XIXème siècle, le Vieux-Mans donne même le vertige.Tout autour, la sérénité des cimes.Au moins, jusqu’aux frontières vespérales...Voies sombres, désertes, silencieuses et carrefours éclairés par des lampadaires d’un autre temps font les charmes nocturnes de ce mont manceau, comparable en certains points au Mont-Saint-Michel.A l’heure ténébreuse, toutes sortes de fantômes épieront le visiteur égaré, l’effleureront peut-être : chats furtifs -tous gris la nuit-, rats dodus, chauve-souris alertes, hiboux interrogateurs, ombres de statues allongées par le clair de lune -saints locaux ou vagues gargouilles accrochés aux toits- et autres silhouettes mal identifiées.Volatiles de plumes et de poils, errants des gouttières et des canalisations, hôtes des toitures et du sol, vagabonds des airs et du pavé, sculptures de pierre et de bois, gardiens de vieilles portes et veilleurs de remparts, bref présences inertes, oniriques, réelles ou imaginaires et faune vive font les murmures et les légendes du Vieux-Mans.On ne sort pas indemne de ces pierres haut-perchées : de presque tous les côtés de la vieille cité, maintes vues plongeantes garanties sur l’agglomération moderne ! Mais surtout, plusieurs siècles séparent les deux parties du Mans. C’est dire que le voyage n’est pas seulement vertical. Il est également anachronique.Sans omettre les violonistes ailés de la cathédrale récemment découverts (les déjà célèbres anges musiciens) conférant à l’exploration un tour aussi poétique qu’ascensionnel.
Dieu n'est pas bête du tout ! - Raphaël Zacharie de IZARRA
Dieu est un type bien, un être contradictoire mais très créatif possédant une personnalité tout de même assez complexe. Étonnamment doué pour les arts, la physique, le 100 mètres en natation, la mécanique automobile, il est imbattable aux échecs, incollable en Histoire.C'est un poète qui a la bosse des maths.Pas si sot, Dieu a choisi de se cacher pour mieux asseoir sa puissance. Cet animal est particulièrement susceptible : si on veut être dans ses faveurs il y a intérêt à croire à son entreprise multinationale. J'ai bien essayé de le mettre à l'épreuve, mais il est plus malin que l'on croit. Ainsi un jour au casino, alors que je venais de mettre mes derniers jetons dans une machine à sous, je me suis mis à le prier très fort : "si tu existes fais cracher le pactole à cette foutue machine qui m'a bouffé tous mes jetons, et là je croirai en toi, promis-juré !" Retenant mon souffle je mis mes derniers jetons, actionnai la manette, yeux fermés, doigts croisés... "Dieu si tu existes, fais que les rouleaux s'alignent sur les bons numéros " me répétai-je...Les rouleaux n'en finissaient pas de tourner dans des cliquetis hystériques... Enfin ils s'immobilisèrent. Fébrile, j'ouvris les yeux.Des chiffres apparurent, éclatants de promesses : je venais de décrocher le pactole !Mais après une brève réflexion je me dis qu'en fait dans cet enfer du jeu, tirant les ficelles depuis les abîmes, c'est le diable qui venait de se manifester à moi, ce prince du mensonge et du hasard !C'est là que je dis que Dieu est une personnalité complexe, un être contradictoire, un sacré bougre de renard : la preuve que Dieu venait de me donner qu'il était bien derrière cette trouble affaire tout en ne l'étant pas, donc qu'il existait, était que je venais de gagner le pactole au casino. Ma prière avait été exaucée, bien sûr mais par qui ?"Si le démon du jeu existe, c'est que Dieu l'a créé" pensai-je, perplexe.
Accent picard dans la Sarthe - Raphaël Zacharie de IZARRA
Une balance qui pèse ses mots au paradis des beaux clients. Terreur noire sur Jupiter loin de la Terre en folie blanche. Tu as une face de potiron, un doigt de métal, une main de misère. Le maître de la chienne a oublié de frotter le pain aux oignons contre le pan gauche de la poignée de porte en fer forgé. La pire des filles au cimetière des vents affamés dans la cage aux loups rapides des serpents aux sonneries stridentes téléphonant au pays des songes en hauteur. Canard de Chine, soupe de Russie, dessert des barbares, pain du Tartare, sauce basilic, eau des indiens, lait de sauge, parfums d'ambiance, Asie parfumée. Celui qui affirme que la femme est une autruche enflammée ignore tout des ruisseaux lunaires qui brillent dans les mers sèches. Un pont mou en acier s'est assis sur la tête de Nicolas Sarkozy lors de la réunion des lièvres pas contents d'être au chômage. A Warloy et Contay tout est fait pour que Vadencourt respire l'or des rares girafes volantes assurant la déprime du sapin sec. Attention les gosses savent mieux que les étoiles comment fonctionnent le jouet et la salade que l'on verse dans la carafe d'or. Aucun oiseau n'a le vertige, c'est Isabelle qui me l'a dit mais moi je sais que les souris chaudes fuient la peste et la pisse. Avion planant hors des sphères du théâtre légal et neutre Cave remplie de toiles, de trésors, de diamants, de riz. Cette urine violette de porc, c'est le viol de l'alligator, le vol de la plume, le col de l'utérus, la fin de nos haricots fins. Chemin de Bobigny sécurisé par les vieux de la banlieue.
Mourir sous la Lune - Raphaël Zacharie de IZARRA
Moi je ne veux pas mourir au Soleil.Je préfère bien mieux rendre l’âme sous la Lune.Les mortels ordinaires, pour ne pas dire dupontesques, veulent tous fermer les yeux avec les rayons de Râ plein la tête. Pour ces êtres primaires, ces esprits superficiels, ce sera le dernier éblouissement d’une existence vouée à la consommation, l’ultime rappel de leurs plus belles vacances à la plage, le souvenir final de leur vie de minable.Personnellement je déteste le Soleil. Les caresses haineuses, malhonnêtes, létales de cet astre qu’adorent les estivants m’insupportent tant physiquement que moralement ! Sa lumière vive surtout qui entre dans ma chambre me déprime. Les murs et les toits sont faits pour isoler leurs hôtes des intempéries, non pour les y exposer. Les fenêtres trop grandes sont pour moi une aberration architecturale. Quand le Soleil illumine une pièce il devient un intrus et je me sens violé, pris au piège de ses tentacules enflammés.Cette gueule cosmique totalement hystérique m’a fait assez transpirer sous ses crachats de feu, a inspiré suffisamment de sentiments vulgaires au bétail humain des classes moyennes, engendré trop de bonheur frelaté chez la gueusaille infestant les bords de mer, fait naître davantage d’hérésies chez la populace avide de congés payés pour que je lui dédie mon soupir suprême.C’est à la pâle Sélénée que j’adresserai ma prière de mort.Mon regard terrestre s’éteindra sous la clarté phosphorescente de cette pierre à demi morte planant dans le coeur des poètes. Et si les nuages, le jour, l’horloge céleste réglant ses allées et venues ou quelque rempart de béton m’empêcheront de contempler sa figure sereine, son profil sage, son croissant aigu, aucune importance !La Lune sera présente sous mes paupières closes : je n’aurai qu’à songer à son visage énigmatique pour quelle m’enveloppe de son mystère.Et m’emporte dans son royaume mystique.
Buvez ! Raphaël Zacharie de IZARRA
Le vin vaut bien vingt dieux, deux ou trois faux pas et quelques jurons !Buvez car la vigne n'est pas mauvaise pour le coeur assoiffé. Buvez, des lutins dorés vous descendront dans le gosier. Buvez surtout de peur de vous noyer dans une eau qui nécessairement sera plate.Buvez, humains. Buvez, chiens que vous êtes ! Buvez, braves braillards ! Votre joie vous sanctifie, fait de vous des hommes. L'ivresse est bonne, saine, féconde : elle délie les langues, rosit la sombre mélancolie, rallume les âmes. Et inspire toutes les natures.Le breuvage alcoolique bonifie les caractères, allège les idées et adoucit même les crapules. Ce qui fait tourner les têtes fait monter les âmes.Il n'y a que les fous qui chantent sous l'eau de pluie.Et vous les abstinents buvez plus que les autres car en vérité je vous le dis, le salut de votre gorge asséchée est dans la bière, le petit rosé et l'eau-de-vie.On prétend que le vin rend méchant, sot, imprudent. Fadaises ! Les corrompus, les ânes, les écervelés, ce sont les buveurs de lait ! Ces mesquins ne connaissent pas l'or de l'esprit. Méprisant les hauteurs éthyliques, ils ne sont jamais dans le secret des dieux de la bouteille. Ce bonheur à portée de lèvres, ils le boudent pour un oui, pour un non. Et ils meurent un jour. Sans feu, sans joie, sans bruit.Imbibés d'eau.Et ils font un petit plouf ! Et ils appellent cela "dignité"...Tandis que le buveur, hydraté avec l'onde dorée, brune ou verte, meurt à voix haute, la tête la première, le souffle vif, le coeur battant.Et fait un magnifique plongeon.
Vesoul-Le Mans à vélo - Raphaël Zacharie de IZARRA
La "virginité" de la mariée menteuseDans l'affaire du mariage annulé pour cause de non virginité de l'épouse, un journaliste s'est scandalisé que, selon lui, le plaignant a humilié la mariée en entreprenant une démarche d'annulation de son hyménée...Si il y a humiliation, elle n'est pas du côté de la mariée mais de l'offensé !C'est l'homme qui a été humilié dans cette histoire, et non la mariée corrompue !Je comprends parfaitement que l'époux déçu réagisse de manière intransigeante et virile !Honte aux journalistes et "défenseurs de la femme" qui dans le mariage acceptent la corruption, le mensonge, la souillure !L'homme a le droit de ne pas accepter que son épouse n'ait pas l'hymen intact. L'affaire découle non pas de la non virginité de l'indélicate mariée, mais de son mensonge. Si elle avait dit la vérité sur sa souillure, il n'y aurait pas eu mariage, donc pas d'affaire.Pour une fois qu'un homme, un vrai, ose faire valoir son droit souverain de mâle en ce qui concerne le mariage, les eunuques et autres dégénérés crient à l'injure envers la femme ! Un comble quand ce sont les mêmes qui défendent la pornographie, l'émancipation contre nature de la femme et l'avortement !
Un grand timide - Raphaël Zacharie de IZARRA
Certains s'imaginent que j'ai un caractère bien trempé, des moeurs étranges, des exigences supérieures. C'est vrai en ce qui concerne la deuxième et la troisième chose... Pour ce qui est de mon tempérament, on ne conçoit pas que je sois timide, effacé, discret.En vérité je fais tout pour passer inaperçu dans la plupart des cas : au contact de la roture, lorsque je me mêle au commun, quand je suis entouré du tout-venant. Et plus particulièrement avec les minables. Je ne montre mon éclat qu'en flatteuse compagnie : beaux esprits de mon envergure et aristocrates de mon niveau.Me montrer tel que je suis à l'engeance crapuleuse (tout ce qui ne porte pas de particule en général), c'est nécessairement me compromettre à ses yeux. Incompris de mes semblables, je n'agrée qu'aux demi-dieux.Mes positions intolérables sur la vie, mes opinions outrancières sur mes semblables, ma sensibilité hautaine, mes goûts austères et contradictoires pour les joies et singularités de l'existence font de moi un être invivable, haïssable, odieux.Ou adorable, selon la qualité de l'esprit de celui qui porte sur moi son regard.Mais dans la plupart des cas je suis totalement détesté de mes contemporains. Montré du doigt non pour mes vices mais pour mes vertus, méprisé pour mon éclat plus que pour mes ténèbres absentes, réputé pour mes mystères et méconnu pour mes légèretés, on me soupçonne à raison de côtoyer des hauteurs grandioses.Je laisse dire ce qui se dit, écoute chanter tous ces bardes sans lyre, n'empêche pas les messies de mauvais augure de me servir leur soupe froide.Seule compte la gloire de mon chapeau.
Izarraland - Raphaël Zacharie de IZARRA
Les musulmans du Danemark ont jeté une peau de banane sur l'autoroute des dromadaires enflammés. Un chapeau a sodomisé la tarte à la confiture d'une femme vierge ayant fait voeu de chapardage dans les magasins verts du distributeur de volets aux couleurs de grenadine. Une bombe de plastique bleu a explosé de joie face aux écoliers drogués et aux filles dénudées.
Qu'est-ce que la littérature (izarrienne) - Raphaël Zacharie de IZARRA 2
La littérature c'est la crème de l'écrit, la crête des textes : le meilleur de la plume.Comprenons-nous, l'oeuvre de l'écrivain telle que je la définis n'est pas le roman de A à Z avec ses digressions, ses détours, ses détails -superflus ou non-, ses longueurs, ses anecdotes, ses nuits et ses clartés, ses maladresses et ses voyages sans fin, ses médiocrités et ses éclats sans fond, ses artifices et ses petits mots immortels... La Plume c'est tout simplement le sommet des lettres, l'extrait le plus savoureux, sa partie la plus fine, la plus délectable.L'exemple le plus éminent de ce que sont les hauteurs du verbe -et cela fera sans doute bondir les puristes et les érudits- se trouve dans nos manuels scolaires. Ce que l'on appelle les "livres de lecture". Là sont les morceaux les plus fins issus des plus nobles fruits. Accessibles à tous. Simplicité, clarté, authenticité sont les grandes vertus de cet art que de mauvaises ou bonnes langues nommeront "de base". Les plus grands maîtres ont produit leurs chefs-d'oeuvre non dans les tourments de l'inspiration morbide et de la réflexion tortueuse mais dans la joie et la facilité.Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les joyaux de cette "musique de base" se retrouvent dans nos cartables d'écoliers. J'ai abordé, connu, sondé et même parfois appréhendé d'une intuition fulgurante de grands auteurs classiques à travers les fragments les plus éclatants de leurs oeuvres publiés dans les livres d'apprentissage scolaire.Mes productions izarriennes sont exactement à l'image des pépites que l'on trouve dans les livres scolaires. Depuis toujours j'ai choisi d'écrire non pas des fleuves mais des ruisseaux. Mon histoire intitulée "Tante Jeni", pour prendre un exemple parmi d'autres, pourrait être la perle remontée d'un long et ennuyeux manuscrit. C'est comme si j'avais épargné à l'amateur de belles lettres le fastidieux plongeon dans un pavé pour lui livrer ce qui aurait été l'écume et le sel de l'ouvrage.
Élections, un joujou supplémentaire pour consommateurs repus - Raphaël Zacharie de IZARRA
A chaque élection des élans d’espoir fou naissent dans la population française. Les présidents passent, la vie aussi mais ses règles ne changent pas pour les individus. Les électeurs misant tout dans le président sont comme des ânes attendant bêtement un bouleversement venu du haut de la colline.A chaque élection ils se font avoir, illusionnés qu’ils sont par des symboles, aveuglés, emportés par une vaine, passagère euphorie.Non seulement rien ne changera dans leur quotidien ou leur destin mais en plus la plupart d’entre eux seront même déçus par leur nouveau dieu. Ils déchanteront comme des millions de fervents électeurs déchantent finalement au bout d'un certain temps après chaque élection.Dans un beau pays riche et un régime démocratique comme la France, le bonheur des citoyens repus, libres et protégés ne dépend absolument pas d’une nouvelle élection mais de leur mentalité. Quand on nage dans l’opulence, vit dans le plus beau et plus confortable pays du monde, jouit de la liberté et d’un climat tempéré, une élection est un luxe.De même, les larmes des perdants sont ridicules : les sarkozystes ne vont pas sombrer dans le malheur avec la mort du perdant... Leur sort reste infiniment enviable même en perdant leur leader. Et pourtant ils sont désespérés. Je les trouve indécents de pleurer pour une simple défaite électorale.
La sous-préfète et le dandy - Raphaël Zacharie de IZARRA
Madame de la Haute-Tricourt traînait le pas dans la rue Victor Hugo de Sillé-le-Guillaume, bourgade sarthoise de "saboteux" et autres gardes-vaches grasseyants. Son sous-préfet d'époux, naïf fonctionnaire de l'Etat bedonnant et impuissant notoire, pendant ce temps s'entretenait de météorologie locale avec le garde-chasse qu'il avait invité à sa table, attendu que la torpeur de ce dimanche de juin incitait les plus ineptes mollesses à ces personnalités médiocres.L'épouse, lasse d'écouter ces bêtises avait quitté la table bien avant le dessert, préférant prendre l'air, s'alléger le coeur de rêveries, s'enivrer l'âme d'exquises langueurs plutôt que d'attendre le pudding. Précisons que la sous-préfète était une femme d'esprit à la beauté sans égale. Que faisait-elle avec ce pesant boeuf de vingt ans de plus qu'elle et de dix fois moins de valeur ? Nul ne semblait se poser la question dans cette cité d'ivrognes, d'épiciers affairés et d'âmes épaisses... Bref, la sous-préfète promenait sa silhouette lascive dans la rue Victor Hugo de Sillé-le Guillaume, disions nous...C'est dans ces circonstances que je la rencontrai.Elle remarqua aussitôt mon allure aristocratique, mes traits subtils, mes moustaches fines contrastant avec les faces bovines aux regards d'abrutis de la gueusaille locale.Nos regards se croisèrent. Nous nous comprîmes.Je la suivis jusque sous le porche de l'église, trouvant asile sous un angle propice de l'édifice, protégés des regards par une végétation touffue. Là, la libertine se comporta en femme conquérante, exigeante et impériale. Je dus faire appel aux ressources insoupçonnées de ma virilité âprement mise à l'épreuve pour ne point blesser son exceptionnelle beauté, décevoir les espérances de sa féminité inassouvie.Son âme vouée aux flammes d'Éros se réveillait sous mon étreinte. Après des années d'une sinistre léthargie...
Rimbaud-pot-au-feu - Raphaël Zacharie de IZARRA
Comment pourrais-je croire en Rimbaud, alors qu'on l'évoque avec des vapeurs d'éther dans la bouche, des ronds de fumée dans la tête, de gros lapins rouges dans le chapeau ? Un personnage inspirant des clichés aussi indigents est trop suspect... Moi quand je parle d'Arthur, il me sort de la bouche des postillons, de la tête des idées vagues, du chapeau rien du tout.Je ne crois pas en ces grandeurs scolaires inculquées par la superstition républicaine. Les "poteaux de couleurs", les "peaux rouges criards" et autres "haleurs" sont de pures sottises d'érudits. Certes bien tournées dans la forme, mais écrites pour le vent des envolées vides et cependant lues avec d'imbéciles frémissements dans la voix. Révélateur de la triste capacité de l'esprit humain à se laisser bercer par des sornettes, Rimbaud est le symbole de l'embrigadement des masses crédules et ignorantes dans une sensibilité poétique frelatée, artificielle, relayée par de doctes cornichons de l'Académie à qui nul n'oserait tenir tête.Moi je prétends que Rimbaud est un médiocre voyant et que ses disciples sont de bêlantes andouilles.Parce que l'Enseignement National a inclus dans son programme ces pompeuses, indigestes carottes diarrhéiques censées incarner l'aboutissement de la Beauté verveuse et métrique (au lieu de dispenser en priorité à ces populations scolaires de bonnes grosses patates poétiques bien substantielles ou d'exquises salades lyriques pleines de légèreté, plus propres à contenter leurs véritables aspirations juvéniles), des générations de rebelles à la carotène enrégimentés par leurs professeurs de lettres font semblant d'apprécier le mets orange.Le clou Rimbaldesque est à ce point enfoncé dans ces crânes ramollis que cracher sur le plat officiel est perçu comme un acte quasi criminel.