prince of persia =ASSASSINS CREED

Amour <br /><br />Amour! "Loi", dit Jésus. "Mystère", dit Platon. <br />Sait-on quel fil nous lie au firmament? Sait-on <br />Ce que les mains de Dieu dans l'immensité sèment? <br />Est-on maître d'aimer? pourquoi deux, êtres s'aiment, <br />Demande à l'eau qui court, demande à l'air qui fuit, <br />Au moucheron qui vole à la flamme la nuit, <br />Au rayon d'or qui veut baiser la grappe mûre! <br />Demande à ce qui chante, appelle, attend, murmure! <br />Demande aux nids profonds qu'avril met en émoi <br />Le coeur éperdu crie: Est-ce que je sais, moi? <br />Cette femme a passé: je suis fou. C'est l'histoire. <br />Ses cheveux étaient blonds, sa prunelle était noire; <br />En plein midi, joyeuse, une fleur au corset, <br />Illumination du jour, elle passait; <br />Elle allait, la charmante, et riait, la superbe; <br />Ses petits pieds semblaient chuchoter avec l'herbe; <br />Un oiseau bleu volait dans l'air, et me parla; <br />Et comment voulez-vous que j'échappe à cela? <br />Est-ce que je sais, moi? c'était au temps des roses; <br />Les arbres se disaient tout bas de douces choses; <br />Les ruisseaux l'ont voulu, les fleurs l'ont comploté. <br />J'aime! -- O Bodin, Vouglans, Delancre! prévôté, <br />Bailliage, châtelet, grand'chambre, saint-office, <br />Demandez le secret de ce doux maléfice <br />Aux vents, au frais printemps chassant l'hiver hagard, <br />Au philtre qu'un regard boit dans l'autre regard, <br />Au sourire qui rêve, à la voix qui caresse, <br />A ce magicien, à cette charmeresse! <br />Demandez aux sentiers traîtres qui, dans les bois, <br />Vous font recommencer les mêmes pas cent fois, <br />A la branche de mai, cette Armide qui guette, <br />Et fait tourner sur nous en cercle sa baguette! <br />Demandez à la vie, à la nature, aux cieux, <br />Au vague enchantement des champs mystérieux! <br />Exorcisez le pré tentateur, l'antre, l'orme! <br />Faite, Cujas au poing, un bon procès en forme <br />Aux sources dont le coeur écoute les sanglots, <br />Au soupir éternel des forêts et des flots. <br />Dressez procès-verbal contre les pâquerettes <br />Qui laissent les bourdons froisser leurs collerettes; <br />Instrumentez; tonnez. Prouvez que deux amants <br />Livraient leur âme aux fleurs, aux bois, aux lacs dormants, <br />Et qu'ils ont fait un pacte avec la lune sombre, <br />Avec l'illusion, l'espérance aux yeux d'ombre, <br />Et l'extase chantant des hymnes inconnus, <br />Et qu'ils allaient tous deux, dès que brillait <br />Vénus, Sur l'herbe que la brise agite par bouffées, <br />Danser au bleu sabbat de ces nocturnes fées, <br />Éperdus, possédés d'un adorable ennui, <br />Elle n'étant plus elle et lui n'étant plus lui! <br />Quoi! nous sommes encore aux temps où la Tournelle, <br />Déclarant la magie impie et criminelle, <br />Lui dressait un bûcher par arrêt de la cour, <br />Et le dernier sorcier qu'on brûle, c'est l'Amour! <br /><br />