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Juliette décidément possède l’art de prolonger les festins discographiques. Habillée comme elle se doit, elle nous revient rutilante de ses plus beaux « bijoux et babioles », titre iconoclaste s’il en est de son nouveau disque qui ressemble à un vrai feu d’artifice de sons et de sens pétillants. Arrangées et orchestrées comme des opéras de poche où chœurs et cuivres font briller l’ouvrage. Juliette indépendantiste du music hall, Louise Michel du spectacle, fait ici des merveilles en prenant à bras-le-corps le territoire de ses émotions pour mieux le restituer en 12 chansons rondes et généreuses comme les femmes de Botero. Juliette n’a de cesse de nous faire entrer dans son pays des merveilles où l’humour, le cocasse, la fantaisie et la gravité se catapultent dans une orgie d’orchestrations en couleurs exclusivement. Exubérance, enluminure, réalisme et sobriété font le miel musical de la source toujours jaillissante de la diva déviante d’une chanson hexagonale qui, avec elle, ne perd plus son latin depuis « Mutadis Mutandis ». C’est encore le cas ici. Des chansons aussi poétiques que ce magnétique « Tu ronfles », fantaisie harmonique murmurée d’une voix alanguie dans un demi-soupir, qui rend justice de façon presque animale à l’homme qui soupire à la nuit comme il respire. Honneur à ce charmant chahut nocturne qui vaut bien tous les silences qui prennent racine dans un lit de solitude. Juliette est une fille qui en a dans le gosier. Des vérités pas toujours bonnes à dire mais si réjouissantes à chanter.
« Casseroles et faussets » rend hommage à toutes celles et tous ceux qui ont toujours pensé sans jamais oser le dire que le gène de la justesse vocale n’est pas forcément celui de l’ambition qui parfois mène tout droit au péage de la FM… Ainsi file cet album hallucinant, à toute vitesse, renouant une fois de plus avec la latinité qui sommeille en cette Juliette qui elle a trouvé le Pérou et qui, éprise de guitares aux cordes pincées par la beauté de ces mélodies morsures ensoleillées, nous révèle Chabuca Granda, auteuse compositrice qui nous fait prendre du même coup les trompettes mexicaines pour des péruviennes. Madame Juliette est une patronne qui sait ardemment faire vivre son péplum musical. D’une voix abyssale, elle sort sa griffe plumitive pour nous conter l’histoire de
« La jeune fille et le tigre », les feux de Bengale en arrangement, l’ogresse se trouve bien jalouse d’être seule dans son cirque musical. Vous allez rire, mais Juliette sait aussi faire pleurer sans user jusqu’à la corde du pathos qui fait en général que les femmes qui chantent se doivent toutes d’ouvrir les vannes des rivières de larmes avec facilité.
« Aller sans retour » est une sorte de petit chef d’œuvre avec pour seul argument l’émotion que peut engendrer la tragédie de l’exil. Et que dire de l’enchaînement bien trouvé avec une reprise cousue main de
« Tyrolienne haineuse » que l’on doit à Pierre Dac qui, en 1942, dans une France traversée par l’exode et le comptage méticuleux des Juifs de France, commençait à faire son facétieux dans les émissions de la France Libre. Juliette enchaîne au siècle suivant par une même complainte cuisinée sur basse hip hop, assaisonnée par une guitare électrique et par un fabulous « hymne à la joie » pour faire passer la pilule de ce constat immarcescible. C’était bien de le redire comme de relire « Les eaux de mars », original brésilien de Tom Jobim, devenu par la grâce de l’inspiration de la citoyenne éprise du fracas du monde une sorte de constat implacable de ce que l’écologie peut provoquer comme dérisoire cynisme dès lors que Nicolas Hulot en devient l’incarnation à travers un gel douche. Allez, « bon débarras »… Juliette l’interprète chante ici comme jamais, portée par une flûte traversière qui traverse un état des lieux que l’on ne pouvait imaginer s’écrire en poésie. Oncle Nougaro doit bien se gondoler au paradis des ténors d’écouter la jeune fille un peu castafiore chanter cette fois en demi-teinte. Juliette retrouve l’enfance de l’art dans ses yeux de petite fille renaissante et se laisse étreindre par une nostalgie frissonnante pour
« La petite boîte en fer blanc ». « Going back to her roots », Juliette chante avec l’accent pour renouer avec la valse, l’accordéon et le vieux toulousain de son ô pais, à la recherche désespérément de la virgule… C’est tout elle, de même lorsqu’elle se laisse offrir par son ancien Roméo, duettiste de l’album précédent François Morel, une petite chanson « Lapins » qui offre une résurrection intelligente à la chanson fantaisiste. Le dernier disque de Juliette un grand cru!
« Casseroles et faussets » rend hommage à toutes celles et tous ceux qui ont toujours pensé sans jamais oser le dire que le gène de la justesse vocale n’est pas forcément celui de l’ambition qui parfois mène tout droit au péage de la FM… Ainsi file cet album hallucinant, à toute vitesse, renouant une fois de plus avec la latinité qui sommeille en cette Juliette qui elle a trouvé le Pérou et qui, éprise de guitares aux cordes pincées par la beauté de ces mélodies morsures ensoleillées, nous révèle Chabuca Granda, auteuse compositrice qui nous fait prendre du même coup les trompettes mexicaines pour des péruviennes. Madame Juliette est une patronne qui sait ardemment faire vivre son péplum musical. D’une voix abyssale, elle sort sa griffe plumitive pour nous conter l’histoire de
« La jeune fille et le tigre », les feux de Bengale en arrangement, l’ogresse se trouve bien jalouse d’être seule dans son cirque musical. Vous allez rire, mais Juliette sait aussi faire pleurer sans user jusqu’à la corde du pathos qui fait en général que les femmes qui chantent se doivent toutes d’ouvrir les vannes des rivières de larmes avec facilité.
« Aller sans retour » est une sorte de petit chef d’œuvre avec pour seul argument l’émotion que peut engendrer la tragédie de l’exil. Et que dire de l’enchaînement bien trouvé avec une reprise cousue main de
« Tyrolienne haineuse » que l’on doit à Pierre Dac qui, en 1942, dans une France traversée par l’exode et le comptage méticuleux des Juifs de France, commençait à faire son facétieux dans les émissions de la France Libre. Juliette enchaîne au siècle suivant par une même complainte cuisinée sur basse hip hop, assaisonnée par une guitare électrique et par un fabulous « hymne à la joie » pour faire passer la pilule de ce constat immarcescible. C’était bien de le redire comme de relire « Les eaux de mars », original brésilien de Tom Jobim, devenu par la grâce de l’inspiration de la citoyenne éprise du fracas du monde une sorte de constat implacable de ce que l’écologie peut provoquer comme dérisoire cynisme dès lors que Nicolas Hulot en devient l’incarnation à travers un gel douche. Allez, « bon débarras »… Juliette l’interprète chante ici comme jamais, portée par une flûte traversière qui traverse un état des lieux que l’on ne pouvait imaginer s’écrire en poésie. Oncle Nougaro doit bien se gondoler au paradis des ténors d’écouter la jeune fille un peu castafiore chanter cette fois en demi-teinte. Juliette retrouve l’enfance de l’art dans ses yeux de petite fille renaissante et se laisse étreindre par une nostalgie frissonnante pour
« La petite boîte en fer blanc ». « Going back to her roots », Juliette chante avec l’accent pour renouer avec la valse, l’accordéon et le vieux toulousain de son ô pais, à la recherche désespérément de la virgule… C’est tout elle, de même lorsqu’elle se laisse offrir par son ancien Roméo, duettiste de l’album précédent François Morel, une petite chanson « Lapins » qui offre une résurrection intelligente à la chanson fantaisiste. Le dernier disque de Juliette un grand cru!
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